Découvrez Port Grimaud, le village dans lequel je suis installée depuis 10 ans

I think you will spend 309 seconds reading this post

La semaine dernière, une cousine est venue me rendre visite et je lui ai organisé un petit circuit d’une semaine dans les villages du Var que j’affectionne tant. Elle avait avec elle son Guide Vert et j’ai cru m’étrangler en lisant la description que faisait le célèbre guide de voyage de mon village : 1 étoile 🙁 et comparant presque Port Grimaud à un village Disney, un décor de cinéma, qui heureusement cependant se patine avec le temps et donc se bonifie.

Alors mesdames, messieurs, mes chers lecteurs, laissez moi vous présenter ma vision de mon village chéri et les raisons pour lesquelles je m’y suis installée à l’année (la plupart des maisons ici sont des résidences secondaires).

Grimaud, le village médiéval

Au tout début de mon histoire d’amour avec le Var, il y avait Grimaud, un village surmonté par un château médiéval d’où on jouit d’une vue imprenable sur le Golfe de Saint-Tropez.

C’est un village avec une histoire riche, qui a subi de nombreuses attaques à travers le temps et dont j’aimerais vous relater l’histoire brièvement ici.

village-de-grimaud

Village de Grimaud avec son chateau perché sur les hauteurs

Datant de l’époque gallo-romaine, c’est d’une longue histoire que témoigne le village en lui-même tant il connut une époque défensive précoce. Son piton escarpé attira l’attention des fins stratèges au XIème siècle, de par son point dominant sur le golfe de St-Tropez, permettant un contrôle sur les accès Nord et le massif des Maures. Le château de Grimaud commanda le golfe jusqu’au XVIIème siècle, qui fut d’ailleurs baptisé “golfe de Grimaud” jusqu’aux abords du XXème siècle.

Au sortir de cette période pour le moins épique, l’extension du village permit à la paysannerie de s’extirper de son enceinte et c’est ce qui créa celui que nous connaissons actuellement, prenant ses aises devant cette sentinelle. L’église St Michel d’époque Romane vit le jour tant la ferveur religieuse y étalait son empreinte. 3 chapelles parfaitement conservées en témoignent par ailleurs.

L’architecture civile en bénéficia de par le fait, un astucieux système gravitaire permit d’aller prélever l’eau dans la colline pour l’amener 3 km plus bas et alimenter la commune. Pour éclairer la magie du procédé, vous y trouverez le Pont de Fées qui, de par son seul nom, illustre bien la place qui fut faite à cette ingéniosité. Le moulin de St Roch permet ainsi à la population une totale autonomie alimentaire.

Tout ceci nous mène à l’historique de cette contrée, qui se lit de nos jours dans chaque rue du village, où les fenêtres à meneaux des vieilles demeures rivalisent avec leurs portes de lave noire ou de serpentine. Leurs façades fleuries de bougainvilliers viennent en bordure de petites rues et placettes où il fait bon lézarder à l’abri de l’ardeur du soleil méditerranéen.

Pour autant, si j’aime me promener tous les week-ends dans Grimaud, ce n’est pas dans le village médiéval que j’ai élu résidence

Ma nouvelle vie à Port Grimaud

Si Grimaud est perché sur les hauteurs, le quartier de Port Grimaud a été construit il y a une cinquantaine d’année en contrebas, au bord de la mer.  Là encore, l’histoire du village, aussi récente soit-elle est jolie et mérite qu’on la raconte.

port-grimaud

La cité lacustre de Port Grimaud : maisons provençales, mer bleue et canaux.

En fait, un architecte alsacien qui avait toujours rêvé d’être marin mais n’avait pas réussi à rentrer dans la marine a acheté dans les années 1960 des marais dans lesquels pullulaient les moustiques. C’était un terrain à la situation géographique exceptionnelle, puisque proche du village de Saint-Tropez sur lesquels tous les projecteurs étaient braqués depuis que Brigitte Bardot l’avait fait découvrir au monde entier.

Mais personne ne savait qu’en faire, sauf lui, cet architecte qui s’appelait François Spoerry. Il y a construit la cité de ses rêves, celle qui lui permettait de résoudre un problème majeur lorsque l’on est propriétaire d’un bateau :  l’amarrage.

En effet, déjà à l’époque, les ports français manquaient d’amarrage pour leurs bateaux et pour satisfaire la demande exponentielle de tous les estivants. Et François Spoerry a résolu ce problème en créant presqu’autant de places pour amarrer son bateau ou son yacht que de logements. Et mieux encore, plutôt que d’entasser les personnes d’un côté dans de grandes marinas impersonnelles et parquer les bateaux plus loin, il a fait en sorte que les amarrages soient directement placés devant les maisons.

Et c’est cette expérience là que je vis depuis que j’ai acheté ma maison à Port Grimaud. J’adore la voile et en vivant ici à l’année, je peux sortir en mer aussi souvent que je le souhaite. Mon petit voilier est amarré juste devant ma petite maison; c’est un luxe auquel je ne renoncerais pour rien au monde.

vue-depuis-maison-port-grimaud

Vue depuis ma maison à Port Grimaud. Ca fait rêver, non ?

Bien sûr, les touristes sont nombreux en été mais cela ne me déplait pas. D’ailleurs, j’en profite pour partir une ou deux semaines à la montagne et pour louer ma maison pendant ce temps. Etant donné les tarifs qui se pratiquent dans la région, cela couvre largement le coût de mes vacances… alors que demande le peuple !

Alors si vous prévoyez une escapade dans le Var, je vous en prie, ne vous fiez pas à ce que vous pouvez lire dans le Guide Vert, car franchement, Port Grimaud mérite vraiment qu’on le découvre !